JEUNESSE SÉNÉGALAISE EN DANGER : DROGUES, ÉCRANS, DÉTRESSE PSYCHOLOGIQUE… QUI SAUVERA L’AVENIR DE NOS ENFANTS ?

Mercredi 30 Septembre 2026

Derrière les sourires affichés sur les réseaux sociaux, une réalité plus préoccupante gagne du terrain : la souffrance psychologique de nombreux jeunes. Consommation de substances psychoactives, dépendance à certains usages numériques, cyberharcèlement, isolement et difficultés familiales ou scolaires constituent autant de facteurs de vulnérabilité. Les épisodes de détresse psychologique, les troubles du comportement et les situations de crise interpellent les familles, les établissements scolaires et les autorités sanitaires. Face à ces défis, une question s’impose : comment protéger une génération dont l’avenir ne devrait pas être sacrifié au silence, à la stigmatisation ou au manque d’accompagnement ?


Une jeunesse connectée, mais parfois profondément isolée. Le téléphone portable est devenu le compagnon quotidien de nombreux jeunes. Il permet d’apprendre, de communiquer, de découvrir le monde et de construire des opportunités. Mais derrière cette révolution numérique se dessinent aussi des risques : exposition au cyberharcèlement, pression sociale, comparaison permanente, perturbation du sommeil et repli sur soi.
Les réseaux sociaux peuvent parfois accentuer le sentiment de solitude ou de dévalorisation, notamment chez les adolescents déjà fragilisés. L’Organisation mondiale de la santé souligne que les environnements numériques peuvent avoir des effets positifs comme négatifs sur la santé mentale des jeunes.
Il serait toutefois réducteur de faire du téléphone le seul responsable de leur mal-être. Le problème réside aussi dans les contenus consultés, les expériences vécues en ligne et l'absence d'un accompagnement adapté.
Drogues et détresse psychologique : un danger qui appelle une réponse collective
À cette réalité s’ajoute la consommation de substances psychoactives, qui peut avoir des conséquences importantes sur la santé physique, le développement psychologique, la scolarité et les relations sociales.
Chez certains jeunes, les difficultés personnelles, la pression des pairs ou la volonté d'échapper à une souffrance peuvent favoriser des comportements à risque. La consommation de substances peut également aggraver des troubles psychologiques préexistants.
Les changements brusques de comportement, le décrochage scolaire, l’isolement inhabituel ou une détresse persistante doivent alerter l’entourage, sans conduire à des accusations ni à des jugements hâtifs.
Derrière un jeune en difficulté, il ne faut pas voire uniquement un problème de discipline. Il peut y avoir une personne qui a besoin d'écoute, de protection et de soins.
Santé mentale : briser le silence avant qu’il ne soit trop tard
La santé mentale reste un sujet entouré de préjugés. Dans certaines familles, les troubles psychologiques sont encore assimilés à un manque de volonté ou à une faiblesse personnelle. Cette perception peut retarder la recherche d’aide.
Pourtant, l’OMS rappelle que la santé mentale des adolescents est essentielle à leur développement, à leur réussite scolaire et à leur vie future.
Les idées suicidaires et les situations de crise psychologique nécessitent une attention immédiate. Elles ne doivent jamais être banalisées, tournées en dérision ou traitées comme une simple recherche d’attention.
Face à une personne en détresse, l’écoute sans jugement, la présence d’un adulte de confiance et l’accès rapide à un professionnel de santé peuvent faire une différence déterminante.
Familles, écoles, État : une responsabilité partagée
La protection de la jeunesse ne peut reposer uniquement sur les parents. Elle exige une mobilisation coordonnée.
Dans les familles, il devient essentiel de privilégier le dialogue, de repérer les changements préoccupants et d’éviter les humiliations ou les sanctions qui ferment la porte à la parole.
À l’école, l’éducation à la santé mentale, la prévention des addictions, la lutte contre le harcèlement et l’existence de dispositifs d’écoute peuvent contribuer à détecter les difficultés plus tôt.
Les autorités, de leur côté, sont appelées à renforcer l’accès aux consultations psychologiques, aux structures de prise en charge et aux campagnes de sensibilisation, particulièrement pour les jeunes issus de milieux défavorisés.
Les associations de jeunesse, les éducateurs, les professionnels de santé et les médias ont également un rôle essentiel à jouer.
Quel avenir pour une jeunesse qu’on ne prend pas le temps d’écouter ?
L’avenir du Sénégal repose aussi sur la santé, l’éducation et l’équilibre psychologique de sa jeunesse. Investir dans les infrastructures, la formation et l’emploi est indispensable, mais protéger la santé mentale des jeunes l’est tout autant.
Il faut développer des espaces d’écoute dans les établissements scolaires et les quartiers, renforcer l’accompagnement des familles, promouvoir un usage responsable du numérique et faciliter l’orientation vers des professionnels qualifiés.
Les jeunes doivent également être associés aux solutions. Leur donner la parole, écouter leurs préoccupations et leur offrir des perspectives réelles d’épanouissement constituent des leviers importants de prévention.
SAUVER LA JEUNESSE, C’EST REFUSER DE LAISSER SA SOUFFRANCE DEVENIR INVISIBLE
Une génération ne se perd pas uniquement faute d’école ou d’emploi. Elle peut aussi se fragiliser lorsque ses souffrances sont ignorées, ses appels à l’aide incompris et ses difficultés réduites à de simples caprices.
Drogues, écrans et détresse psychologique ne doivent pas devenir les seules réponses aux inquiétudes d’une jeunesse en quête de repères.
Le véritable défi est désormais collectif : passer de la condamnation à l’accompagnement, du silence à la prévention et de l’indifférence à l’action.
Car derrière chaque jeune en difficulté, il y a une vie à protéger, un potentiel à préserver et un avenir qui mérite encore d’être construit.
 
PAPY DABO
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