Dans les régions de Saint-Louis et de Matam, la gestion des collectivités territoriales est souvent confiée à des maires qui résident principalement à Dakar ou ailleurs. Ces "maires fantômes" ne passent parfois que moins de 30 jours par an dans leur commune respective, préférant déléguer la gestion des affaires locales à leurs proches. La commune de Ndioum ne fait pas exception à cette règle, où depuis des années, la mairie est dirigée par des ministres, maires ou députés. Cette situation soulève une question essentielle : pourquoi ces élus ont-ils aspiré à devenir maires s'ils choisissent de délaisser leurs fonctions une fois élus ?
Cette question préoccupe une grande partie de la population de Ndioum, qui était sous la direction de l'ancien ministre Cheikh Oumar Anne. Ce phénomène n'est pas limité à Ndioum ou à la région de Saint-Louis ; il alimente des débats cruciaux à travers tout le Sénégal.
Par exemple, dans le département de Matam qui compte 10 communes, seul le maire d’Orefondé, Amadou Yero Ba, réside en permanence sur place. Les neuf autres maires vivent loin du Fouta et ne se rendent dans leur commune que de façon occasionnelle, un paradoxe difficile à justifier. Lors des dernières élections municipales, ces mêmes maires avaient investi énormément de ressources et d'efforts pour remporter leur siège.