ONU : Le Nigeria oppose son veto à la candidature de Macky Sall et dénonce un « vice de procédure »

Samedi 28 Mars 2026

Le consensus africain autour de la figure de Macky Sall pour le poste de Secrétaire général des Nations Unies vient de voler en éclats. Dans une note verbale percutante datée de ce 27 mars 2026, la République fédérale du Nigeria a officiellement exprimé ses réserves et son opposition à la décision de la Commission de l’Union africaine (UA) visant à faire de l’ancien président sénégalais le candidat unique du continent.
Une procédure jugée « incorrecte » et précipitée
Pour Abuja, le compte n'y est pas. La diplomatie nigériane fustige une décision qu’elle qualifie d'« incorrecte sur le plan procédural ». Le Nigeria rappelle avec fermeté que les principes de l’UA imposent un examen minutieux par le Comité ministériel des candidatures, une étape qui semble avoir été court-circuitée dans le cas présent.
L'ambassade du Nigeria à Addis-Abeba exprime ainsi sa surprise face à la rapidité de la manœuvre, déplorant que les États membres disposent d'un « si peu de temps pour examiner la décision » concernant un poste aussi convoité. Le pays insiste sur le fait que son opposition n'est pas dirigée contre l’homme, Macky Sall, ou contre le Sénégal, mais constitue une question de « procédure et de principe ».
Le respect de la rotation régionale : l'argument massue
Au-delà de la forme, le Nigeria soulève un point de droit diplomatique majeur : le principe de la rotation continentale. Selon Abuja, l'Union africaine fait fausse route en revendiquant le poste pour 2026. « C’est un fait connu que c’est au tour de l’Amérique du Sud et de la région des Caraïbes de produire le prochain secrétaire général des Nations Unies », souligne la note.
En rappelant que l’Afrique considère les Caraïbes comme sa « sixième région », le Nigeria estime que forcer une candidature africaine maintenant mettrait en péril les intérêts futurs du continent. Pour les autorités nigérianes, violer ces règles tacites de l'ordre international fragilise la crédibilité de l'Union africaine sur la scène mondiale.
Un coup d'arrêt pour la stratégie de consensus
Ce désaveu du géant nigérian, après les réserves émises par d'autres chancelleries, fragilise considérablement la stratégie de la « procédure de silence » qui devait porter Macky Sall vers New York avec l'onction d'un continent uni. En invoquant le respect des « normes et nuances diplomatiques établies », le Nigeria bloque l'élan de la Commission de l'UA et renvoie les partisans de l'ancien président sénégalais à leurs manuels de procédure.


Lesenegalais Info
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