Transparence en suspens : Analyse critique de la publication des rapports sous Bassirou Diomaye Faye

Jeudi 4 Juillet 2024

Les récents développements concernant la publication des rapports de la Cour des comptes et de l'Office national de lutte contre la corruption (Ofnac) suscitent des interrogations légitimes quant à la véritable volonté politique de promouvoir la transparence et la reddition des comptes au Sénégal. Ces rapports, retenus pendant le mandat précédent de Macky Sall, ont enfin vu le jour après l'élection présidentielle de mars dernier.

Le président actuel, Bassirou Diomaye Faye, avait fait grand bruit en promettant une gouvernance plus ouverte et en annonçant dès avril 2024 une volonté ferme de rendre des comptes à la population. Pourtant, malgré cette annonce initiale prometteuse, aucune décision concrète n'a été prise pour suivre ces déclarations d'intention.

L'installation du Président FAYE au pouvoir a marqué un tournant apparent avec la publication des rapports en suspens de la Cour des comptes, de l'Ofnac et de l'Inspection générale d'État (IGE), couvrant une période allant de 2019 à 2023. Cependant, la simple publication des rapports ne suffit pas à assurer la reddition des comptes effective et à répondre aux attentes des citoyens en matière de transparence.

Cela soulève plusieurs préoccupations. Premièrement, la crédibilité des institutions de contrôle est mise à l'épreuve lorsque leurs rapports sont retenus ou publiés de manière sélective selon les changements politiques. Deuxièmement, la volonté réelle de traduire ces rapports en actions concrètes pour lutter contre la corruption et améliorer la gestion financière reste floue.

En outre, la société civile et les observateurs internationaux soulignent souvent que la publication des rapports ne doit pas être une fin en soi, mais plutôt le début d'un processus de responsabilisation et de réforme institutionnelle. Les recommandations et conclusions des rapports doivent être suivies de mesures correctives et, le cas échéant, de poursuites judiciaires pour assurer une véritable responsabilité.

En conclusion, bien que la publication des rapports soit un premier pas crucial, elle ne suffit pas à elle seule à garantir une gouvernance transparente et responsable. Les attentes de la population en matière de reddition des comptes restent légitimes et nécessitent un engagement continu et des actions concrètes de la part des autorités pour instaurer une réelle culture de transparence et d'intégrité dans la gestion publique.
Lesenegalais.info
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