La Cour d'appel de Versailles a rendu, ce mardi 3 mars 2026, un avis partiellement favorable à la demande d’extradition formulée par les autorités du Sénégal contre le journaliste sénégalais Madiambal Diagne. Une décision lourde de conséquences qui relance un feuilleton judiciaire aux fortes résonances politiques et financières.
Selon le communiqué officiel, la juridiction française estime qu’une partie des faits reprochés peut juridiquement justifier l’extradition, tandis qu’une autre partie serait frappée de prescription. En d’autres termes, la cour “coupe la poire en deux” : elle valide certains chefs de poursuite, mais écarte ceux considérés comme trop anciens pour être jugés.
Une position que conteste vigoureusement l’intéressé. Madiambal Diagne parle d’une situation « inédite », affirmant qu’« une demande d’extradition, on y satisfait ou on n’y satisfait pas ». Ses avocats ont annoncé leur intention de former un pourvoi en cassation, dernière étape judiciaire avant une éventuelle décision administrative d’extradition par le gouvernement français.
Aux origines de l’affaire
Pour comprendre cette décision, il faut remonter à octobre 2025. Madiambal Diagne avait été interpellé en France sur la base d’un mandat d’arrêt émis par un juge d’instruction financier à Dakar. Il est soupçonné d’association de malfaiteurs, d’escroquerie portant sur des deniers publics et de blanchiment de capitaux, dans le cadre d’un vaste programme d’infrastructures judiciaires attribué à l’entreprise française Ellipse Projects.
L’enquête, alimentée par un rapport de la CENTIF, a conduit à l’inculpation de plusieurs membres de sa famille, certains placés sous mandat de dépôt, d’autres sous contrôle judiciaire avec bracelet électronique.
Installé en France depuis l’ouverture de la procédure, le journaliste nie toute implication et dénonce une affaire à connotation politique.
La bataille judiciaire est désormais entrée dans une nouvelle phase : celle de la cassation. Le dossier Madiambal Diagne est loin d’avoir livré son dernier rebondissement.
Mame NGUIRANE
Extradition : la justice française rend un avis “partiellement favorable” pour Madiambal Diagne
















