Une affaire hautement sensible secoue l’Afrique de l’Ouest. Selon des informations révélées par Solo Quotidien, les États-Unis ont intensifié leurs démarches diplomatiques et sécuritaires auprès des autorités sénégalaises et ivoiriennes afin d’accélérer les enquêtes sur de présumés circuits de financement du Hezbollah opérant entre Dakar et Abidjan.
Face aux lenteurs constatées, la police fédérale américaine, le FBI, a confié ce dossier explosif à Colin McGuire, directeur Afrique de l’Ouest du FBI, basé à Dakar. À ce stade, aucune conclusion judiciaire officielle n’a été rendue publique. Les investigations se poursuivent dans la plus grande discrétion, tant au Sénégal qu’en Côte d’Ivoire, sur un dossier que les autorités qualifient de hautement sensible.
Des sanctions américaines déjà en 2013
Ce n’est pas la première fois que les États-Unis s’intéressent à ces réseaux. Dès 2013, Department of the Treasury avait imposé des sanctions à quatre ressortissants libanais, accusés de collecter des fonds et de recruter en Afrique de l’Ouest pour le compte du Hezbollah. Il s’agit de :
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Ali Ibrahim al-Watfa (opérant en Sierra Leone)
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Abbas Loutfe Fawaz (établi à Dakar)
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Ali Ahmad Chehade (basé en Côte d’Ivoire)
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Hicham Nmer Khanafer (résidant en Gambie)
Selon le Trésor américain, ces hommes agissaient comme de véritables « ambassadeurs » du Hezbollah, organisation que Washington classe comme groupe terroriste. Leurs activités s’étendaient notamment en Sierra Leone, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et en Gambie.
Un réseau structuré de collecte et d’influence
Toujours selon les autorités américaines, ces responsables étaient chargés d’organiser l’extension de l’influence du Hezbollah en Afrique de l’Ouest :
collecte de fonds, recrutement de membres, structuration de réseaux locaux et représentation auprès de communautés et d’institutions.
Les sanctions imposées interdisent à toute personne ou entité, notamment aux États-Unis, de faire affaire avec ces individus. Leurs avoirs sous juridiction américaine ont été gelés, et toute collaboration est passible de poursuites.
Le cas Abbas Loutfe Fawaz à Dakar
À Dakar, Abbas Loutfe Fawaz est notamment accusé d’avoir utilisé des supermarchés qu’il possède pour structurer un réseau de partisans du Hezbollah. Il lui est reproché d’être très actif dans la promotion du mouvement et la collecte de fonds. Son nom apparaît également dans des tentatives présumées d’influence sur la désignation du directeur d’un institut islamique influent de la capitale sénégalaise.
Financement transnational du terrorisme : le FBI enquête entre Dakar et Abidjan sur des réseaux liés au Hezbollah
















