Une nouvelle communication à polémique de plus à mettre dans le compte de l'actuel Premier ministre Ousmane Sonko. Face à ses militants, le leader de Pastef, en voulant mettre l’accent sur la volonté des nouvelles autorités de rompre avec des anciennes pratiques telles que la mainmise du pouvoir exécutif sur le judiciaire, a malheureusement confirmé une interdépendance des deux pouvoirs.
Pendant trois tours d’horloge, comme dans des habits d’un opposant, Sonko s’est attaqué à des institutions et à la presse, suscitant de vives réactions au sein de l’opinion publique. Le Premier ministre, connu pour son franc-parler et ses prises de position tranchées, semble parfois oublier qu’il est désormais une figure clé de l’appareil d’État, avec des responsabilités qui dépassent celles d’un simple contestataire.
Lors de ce discours, Sonko a critiqué ce qu'il considère comme une emprise persistante de l'exécutif sur le judiciaire, une accusation lourde de sens qui a résonné comme un aveu de faiblesse du système qu'il incarne pourtant. Son analyse a été perçue comme une contradiction flagrante, illustrant les difficultés qu'il rencontre à jongler entre son rôle de leader contestataire et celui de Premier ministre.
La presse n’a pas été épargnée par ses critiques acerbes. En dénonçant une partie des médias qu’il accuse de collusion avec certains intérêts politiques, Sonko a ravivé des tensions avec des acteurs médiatiques essentiels à la démocratie. Cette attitude combative vis-à-vis de la presse rappelle davantage l’attitude d’un opposant que celle d’un chef de gouvernement.
Comme se demandait un politologue : « N’a-t-il pas raté l’occasion de se taire, au moins pour une fois ? » En effet, cette sortie médiatique intempestive aurait pu être évitée, ou du moins, formulée de manière à apaiser plutôt qu’à attiser les controverses.
En somme, Ousmane Sonko semble encore prisonnier de son passé d’opposant farouche. Sa transition vers les hautes fonctions étatiques est marquée par des épisodes où l’on voit plus le tribun que le chef d’État. Les dérives communicationnelles répétées du Premier ministre risquent de nuire à son image et de fragiliser la cohésion gouvernementale, pourtant essentielle dans un contexte politique souvent tumultueux.
Ousmane Sonko : Les contradictions d’un leader au pouvoir
















