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Palais de la République : quand la rupture promise se dissout dans la continuité politique

Lundi 23 Février 2026

Il y a des symboles qui ne trompent pas. Et il y a des lieux qui, par leur seule fonction, imposent une rigueur morale, institutionnelle et républicaine. Le Palais de la République en fait partie. Il n’est pas un siège de parti, il n’est pas une permanence politique, il n’est pas un espace militant. Il est le cœur de l’État, le symbole de la Nation, la maison commune de tous les Sénégalais.

Pourtant, la récente réception de responsables du parti PASTEF au Palais présidentiel fait naître un malaise profond. Un malaise politique. Un malaise institutionnel. Un malaise symbolique. Car ce qui est en jeu ici dépasse largement une simple audience protocolaire : c’est la frontière entre l’État et le parti qui vacille.

La présence annoncée de Ousmane Sonko lors de cette rencontre renforce ce trouble. Elle pose une question fondamentale : où commence l’État, et où s’arrête le parti ? Où finit la République, et où commence l’appareil politique ? Cette confusion n’est pas anodine. Elle est le signe d’un glissement dangereux, d’une banalisation progressive de pratiques que le nouveau pouvoir dénonçait hier avec virulence.

Le président Bassirou Diomaye Faye et son camp politique se sont imposés au pouvoir sur une promesse claire : la rupture systémique. Rupture avec les méthodes anciennes. Rupture avec la personnalisation du pouvoir. Rupture avec la confusion entre institutions et partis. Rupture avec l’État capturé par des logiques politiciennes.

Mais que reste-t-il de cette promesse lorsque le Palais de la République commence à ressembler à une extension du parti ? Que vaut le discours de transformation quand les symboles de l’État sont utilisés comme instruments de consolidation politique ? Que signifie la rupture quand les pratiques rappellent, étrangement, celles autrefois reprochées à l’ancien président Macky Sall ?

L’histoire politique sénégalaise nous a déjà montré ce scénario : un pouvoir qui arrive au nom du changement, puis qui, progressivement, adopte les codes du système qu’il combattait. Même centralisation, mêmes logiques de contrôle, mêmes confusions institutionnelles, mêmes réflexes de pouvoir. Les visages changent, les discours évoluent, mais les mécanismes demeurent.

Ce qui se joue aujourd’hui n’est donc pas un simple épisode protocolaire. C’est un test politique majeur. Un test de cohérence. Un test de sincérité. Un test de fidélité à l’engagement fondateur. Car la rupture ne se proclame pas : elle se démontre. Elle se vit. Elle se matérialise dans les pratiques, dans les symboles, dans les choix institutionnels, dans la rigueur républicaine.

Transformer le Palais en espace de rencontres partisanes, même de manière indirecte, même symboliquement, c’est affaiblir l’idée même d’État neutre. C’est fragiliser la frontière entre la République et le parti. C’est installer une confusion dangereuse qui ouvre la voie à toutes les dérives.

Le peuple sénégalais n’a pas voté pour un simple changement de visages. Il a voté pour un changement de système. Il n’a pas choisi une alternance cosmétique, mais une transformation structurelle. Il n’a pas soutenu un projet pour voir naître une nouvelle élite politique reproduisant les mêmes logiques de domination institutionnelle.

La question n’est donc plus de savoir s’il y a eu une audience, ni qui y a participé.
La vraie question est celle-ci :

 La rupture promise est-elle en train de devenir une simple narration politique ?
Le projet de transformation est-il en train de se diluer dans les réflexes du pouvoir ?
Assistons-nous à une révolution institutionnelle… ou à une continuité déguisée ?

Car l’histoire est implacable : tous les régimes qui ont trahi leurs promesses de rupture ont commencé par banaliser de “petits écarts”, de “petites exceptions”, de “petits arrangements”. Jusqu’à ce que l’exception devienne la norme. Et que la norme devienne le système.

La République ne se protège pas par les discours.
Elle se protège par les actes.
Par les symboles.
Par la rigueur.
Par la séparation claire entre l’État et le parti.
Par le respect sacré des institutions.

Sans cela, la rupture n’est qu’un slogan.
Et le changement, une illusion.

CAK

Lesenegalais.info


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